Ne cherchez pas dans le dictionnaire!
Aujourd’hui, “Anazas” ne signifie
plus rien. Mais autrefois, ce nom sifflait comme une
lame. Il était planté au cœur de
l’Arabie, entre le grand Nefoud et Médine.
Il désignait la zone interdite.
Et ceux qui s’y risquaient ne revenaient jamais.
À première vue, ce n’était
qu’une mer de sable… Juste un océan
de désolation où le vent soufflait interminablement.
Seulement il ne faut jamais se fier aux apparences.
Surtout au pays des mirages! Par un curieux caprice
de Mère Nature, rien de ce qui rampait, fourmillait,
ou serpentait ne pouvait y survivre. Même les
ombres ne pouvaient pas se promener librement dans ce
désert. Le soleil les martelait, les écrasait,
les enfonçait dans le sable, et quand il s’arrêtait
de cogner, il laissait derrière lui l’horizon
chauffé au rouge. Non, Anazas n’était
pas un simple désert. C’était un
territoire que les armées devaient contourner
pour livrer bataille. Les légions romaines l’avaient
baptisé “la forge de Vulcain”.
Et cet enfer figurait en blanc sur les cartes comme
un morceau d’envers enchâssé dans
l’endroit.
"La guerre d'Irak, vous connaissez? Non, pas celle
de George Bush.
Celle de Lord Salisbury. Souvenez-vous...À l'époque,
l'Irak s'appelait la Mésopotamie.
Les Troupes britanniques débarquaient à
Bassorah. Londres signait un accord avec le Koweït,
et Aden servait de station de ravitaillement à
la Royal Navy. En ce temps-là, on ne parlait
pas encore de l'impérialisme américain.
Et pour cause! C'était l'Empire britannique qui
dominait le monde. Oui, à l'époque, le
soleil brillait sur Londres et le pétrole pétrole
coulait à flot! C'était il y a un siècle.
Une éternité, presque. Et pourtant, rien
n'a changé"
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