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| Dominici, et si c'était bien lui? |
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P.et G. DOMENECH |
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| Thème : Actualité, Reportages, Fait Divers |
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Ce livre a été
écrit il y a près de cinquante ans. C'est
l'enquête d'un reporter qui, quatre années
durant, avait suivi chacune des péripéties
de ce qu'on appelait alors « l' affaire de Lurs
». A l'heure où toutes les versions et
hypothèses ont été évoquées,
il convenait de faire reparaître un ouvrage devenu
culte pour les initiés. Aux lecteurs, espérés
fort nombreux, de dire si nous avons eu raison de permettre
l'accès à une information non biaisée,
respectueuse des faits et des personnes.
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| 15 x 21 cm |
| 616p |
23,5€ |
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ISBN 2-87867-543-6 |
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De
"l'affaire de Lurs" à "l'affaire dominici"
par Pierre DOMENECH |
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C' est l'enquête d'un
reporter qui, quatre années durant, avait suivi chacune
des péripéties de ce qu'on appelait alors «
l' affaire de Lurs »". Au fil de cette enquête
minutieuse et sensible, ce journaliste s'est forgé une
conviction : le triple meurtre de la Grande Terre n'est qu'un
fait-divers banal , « une toute petite
histoire criminelle » qui aurait pu «
être résolue en deux jours ». En signant
le bon à tirer, le 7 juin 1956 dans sa chambre de l'hôtel
Lou Viei Moulin, à Peyruis, Gabriel Domenech réaffirmait
sa conviction : « le vieux Gaston, écrivait-il
est le seul coupable du crime ». Mais il pressentait également
que cette certitude, qu'il partageait avec les policiers et
les jurés de la cour d'assises de Digne, ne s'imposerait
jamais de manière incontestable. La vérité
était trop banale, trop simple, trop «
bête » pour une affaire qui avait pris de si spectaculaires
proportions. Gabriel Domenech savait que, plus le temps passerait,
plus cette vérité se trouverait contestée.
« L'affaire, écrivait-il dans
la préface de cette première édition, va
durer cinquante ans, plus peut être. C'est-à-dire
qu'on discutera toujours le cas de l' affaire Dominici ».
Ce qu'il ne pouvait imaginer, en 1956, c'est qu'une fiction
télévisée, inspirée d'un livre sans
consistance, la travestirait au point de faire de Gaston Dominici
une victime. Gabriel Domenech appartenait à
la « veille école » du journalisme
: celle qui s'attache aux faits et les vérifie plutôt
deux fois qu'une. Ses tenants refusaient le clinquant, le tapageur,
l'approximatif. Ils n'auraient pas survécu aux exigences
du monde médiatique d'aujourd'hui. L'école
moderne, celle des jeunes gens pressés de faire parler
d'eux et d'en engranger les bénéfices, a donc
produit une thèse nouvelle que la quasi totalité
des journaux et des chaînes de télévision
a aussitôt adoptée : Jack Drummond aurait été
exécuté ainsi que sa femme et la petite Elisabeth,
par deux agents à la solde des renseignements soviétiques.
Le « vieux Gaston » n'y était
pour rien, et c'est l'acharnement d'un commissaire de police
particulièrement haineux et obtus qui a fait de lui un
suspect avant que des jurés, tout aussi obtus et également
mal intentionnés n'en fassent un coupable, et la justice
des hommes un condamné à mort - que le Général
de Gaulle gracia en 1960. Les policiers, les gendarmes,
les juges d'instruction, les avocats qui ont eu de «
l' affaire de Lurs » une connaissance directe et intime
ne sont plus là pour s'insurger. Les journalistes qui
l'avaient suivie au jour le jour non plus. Devant le travestissement
et le mensonge, la voie est désormais dégagée.
Servie par le cynisme et l'irresponsabilité de
la machine médiatique, une théorie nouvelle, séduisante
comme un scénario de film noir, est donc en passe de
s'imposer. Pour toute une génération, «
l' affaire Dominici » sera désormais un film de
télévision, des acteurs connus dans les rôles
principaux, et une évidence : l'innocence de Gaston.
Or, rien de tout cela n'est vrai. Dix, vingt livres sérieux,
fouillés, argumentés en témoignent.
Celui-ci fut le tout premier. Et Gabriel Domenech était
mon frère ainé. Il n'était pas que cela
: ensemble, pendant de longues années, au fil de dizaines
de reportages, et particulièrement pendant «
l' affaire Dominici », nous avons fait équipe.
Gaby écrivait, je photographiais.
Je me devais à sa mémoire de rééditer
ce livre. Je sais que s'il ne nous avait pas quittés
prématurément, en 1990, il aurait lui-même
repris la plume pour rétablir la vérité.
« L'affaire Dominici » occupait
une place importante dans la vie de Gaby. Elle lui avait permis
de découvrir ces « Basse-Alpes
» auxquelles il s'était attaché au point
d'y entamer une carrière politique. En 1957, les électeurs
du canton de Peyruis, les proches voisins de Gastonet de la
Grande-Terre, l'avaient envoyé siéger au Conseil
Général. L'année suivante, Gaby était
élu à l'Assemblée nationale. La
manière dont il avait traité «
l'affaire de Lurs » avait révélé
ses qualités de journaliste, son souci de ne jamais s'éloigner
des faits, son talent à reproduire les dialogues et donner
vie aux personnages. Ce livre , lors de sa publication,
fut accueilli comme un évènement : on salua un
travail « courageux » , «
solide » et « concluant ».
L'un des critiques qui eut à en faire une compte-rendu
écrivit : « Les spécialistes
de l'histoire criminelle et judiciaire qui, plus tard, voudront
exhumer l'affaire de Lurs ne pourront, s'ils veulent y voir
clair, se passer de consulter le gros livre que vient de lui
consacrer notre confrère marseillais Gabriel Domenech».
Ce « plus tard » est arrivé.
« L'affaire de Lurs » , pour des
raisons qui ne sont pas toutes nobles, a été
« exhumée ».
Il est urgent de relire le livre que Gabriel Domench lui consacra
il y a près de 50 ans. |
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Dire la vérité, la répéter, la dire
encore...Gabriel Domenech (1920–1990) |
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On imagine mal aujourd'hui,
ce qu'était un journal, ce qu'était le journalisme,
dans les années d'après-guerre et jusqu'au milieu
des années quatre-vingt. « L'engagement
» y était la règle, la tiédeur
en était bannie. Un journaliste écrivait pour
décrire et pour témoigner, autant que pour défendre
les idées auxquelles il croyait. Toutes les formes étaient
perméables : il y avait le billet d'humeur dans les reportages,
de l'éditorial dans la chronique judiciaire, de "l'opinion"
dans le compte-rendu des faits divers. Dans ce paysage coloré,
exubérant, excessif parfois, un homme occupait une place
particulière.
Gabriel Domenech avait commencé sa carrière au
lendemain de la guerre, au Méridional, un quotidien issu
de la Résistance chrétienne et qui, pendant près
d'un demi-siècle en porterait les valeurs. Il en devint
le rédacteur en chef en 1973 et jusqu'au milieu des années
quatre-vingt, son nom et celui du journal allaient demeurer
indissociables. Gabriel Domenech était le Méridional
et le Méridional était Gabriel Domenech.
Avec "Gaby" à sa tête, ce journal dont
le renom excéda toujours le tirage s'imposa comme un
objet singulier dans le paysage de la presse quotidienne de
province. Engagé, passionné, refusant «
la pensée dominante » et ce qu'on n'appelait pas
encore « le politiquement correct », le Méridional
fut un journal de combat à une époque où
les raisons de combattre étaient nombreuses. Dès
ses premières enquêtes sur les « crimes de
la Résistance », Gabriel Domenech s'imposa comme
le plus tenace et le plus talentueux de ses journalistes.
Ce travail, entrepris au lendemain de la Libération,
lui fit découvrir ce département qui portait encore
le nom de « Basses-Alpes », encore marqué
par les violences, les peurs et les rancœurs accumulées
pendant les années d'Occupation. Les gens du cru lui
surent gré d'avoir révélé les mensonges
sous le mythe, dénoncé la crapulerie maquillée
en héroïsme et quelque peu bousculé «
l'omerta » qui pesait sur le pays. Entre le Marseillais
et les Bas-Alpins, un lien s'était créé.
Quand au mois d'août 1952, une armée de journalistes
s'installera à Peyruis pour couvrir « le crime
de Lurs », Gaby aura sur tous ses confrères un
immense avantage : il connaît le pays, les gens qui l'habitent,
les « histoires » qui les lient. « L'
affaire Dominici » consacrera son talent. A l'opposé
des divagations des envoyés spéciaux des grands
journaux parisiens et étrangers – car « l'affaire
» a très vite pris une dimension internationale
– Gaby restera toujours près des faits, du terrain,
de la vérité, même quand celle-ci se révèlera
d'une décevante banalité. Le journaliste avait
une conviction, solidement étayée et dont il ne
se départira jamais : le triple meurtre de la Grand-Terre
n'était qu'un fait-divers ordinaire, « une toute
petite histoire criminelle qui aurait pu être résolue
en deux jours ».
Les Bas-Alpins, qui ont la tête sur les épaules,
lui furent reconnaissants d'avoir ramené les choses à
leur juste proportion. Par amitié autant que par gratitude
les électeurs du canton de Peyruis l'envoyèrent
siéger au Conseil général, avant que ceux
de la deuxième circonscription du département
ne l'invitent à « monter à Paris »
pour les représenter à l'Assemblée nationale.
"Je ne sache pas, devait-il écrire en 1973, dans
« comment devenir député » (Albin
Michel) que la députation, dans la très longue,
très éclectique et très mouvementée
histoire du parlementarisme français, ait souvent conduit
au crime, mais je crois bien en revanche, être le premier
citoyen de ce pays que le crime ait conduit à la députation."
Dire la vérité sur l'affaire Dominici, la répéter,
la dire encore, Gaby le fit tout au long de sa vie; Il l'avait
fait dans ses articles du Méridional, il exposa son intime
conviction dans son livre de 1956, que nous rééditons
aujourd'hui, il y revenait encore en 1973 dans « Comment
devenir député », expliquant que tous ceux
qui avaient cru « fantastique roman raconté chaque
jour aux lecteurs de tous les journaux de France et de Navarre
» n'étaient pas « préparés
à recevoir une vérité aussi simplette ».
Cette vérité, Gaby la résumait ainsi: le
« vieux Dominici »avait tué les Drummond
« tout seul, pour rien », « parce qu'il était
saoul comme un cochon, qu'il avait une carabine à répétition
à la main, qu'il était passé près
du campement des Drummond pour voir si son champ de luzerne
ne s'était pas éboulé sur la voie ferrée,
qu'il s'était disputé avec Sir Drummond qui l'avait
pris pour un maraudeur, qu'il avait voulu chasser ses estrangers
de chez lui et qu'il avait tiré un premier coup de feu
accidentellement. »
Avec un tel mobile, ou plutôt une telle absence de mobile,
on ne fait rien de bon et certainement pas un best-seller ni
un film de télévision. Pour appâter le chaland,
il fallait dénaturer l'histoire. TF1, après le
« journaliste » William Reymond l'ont bien compris;
Mais leur affaire « Dominici » n'est qu'une œuvre
de fiction, au demeurant fort médiocre.
Son triple crime, Gaston Dominici l'a reconnu devant le juge.
« Dominici : Et si c'était bien lui » le
rappelle à tous ceux qui ont oublié que «
l'affaire » a été jugée il y a plus
de quarante ans et que parmi les huit jurés des Assises
de Digne, il ne s'en trouva aucun pour mettre en doute la culpabilité
de Gaston. |
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L’affaire
Dominici sur FR3
Une émission malhonnête, qui manipule
le public et bafoue la mémoire des victimes.
Une
fois de plus, la télévision a décidé
de dire « sa » vérité sur l’Affaire
Dominici.
TF1 au mois d’octobre 2003, nous avait servi une version
totalement romancée du « crime de Lurs »,
dans laquelle, en contradiction totale avec la réalité
des faits, le « patriarche » Gaston Dominici,
jugé et condamné à mort en 1953 pour
un triple meurtre qu’il avait avoué, était
présenté comme la victime innocente de l’acharnement
policier et judiciaire. 12 millions de téléspectateurs
qui ont vu ce film de fiction sont sans doute convaincus,
aujourd’hui de l’innocence du « patriarche
de la Grand Terre »
Le 3 juin dernier, c’est France 3 Provence qui, dans
le cadre des « grands moments de la télé
», a (re)diffusé un documentaire tourné
en 1996 et intitulé « L’honneur perdu des
Dominici » et organisé une « table ronde
» à laquelle participait l’inévitable
Alain Dominici, l’un des nombreux petits-fils de Gaston,
le non moins inévitable Gilbert Collard, avocat des
grandes causes médiatiques, ainsi qu’un chroniqueur
judiciaire du quotidien la Provence, qui ne connaissait de
l’affaire que ce qu’il avait pu en lire dans les
journaux.
Pierre Domenech, longtemps photographe au Méridional
et qui, à ce titre, avait « couvert » toute
l’affaire en tandem avec son frère Gabriel, n’avait
pas été convié à rejoindre ce
prestigieux plateau – la réalisatrice de l’émission
avait préféré aller l’interviewer
chez lui, et ne diffuser que quelques minutes du long entretien
qui lui avait été accordé.
Première curiosité de cette émission
: l’un des derniers témoins vivants de l’affaire,
interlocuteur de Gaston, de son fils Gustave, du commissaire
Sébeille, du juge Périès et de l’ensemble
des protagonistes du drame s’est trouvé réduit
au rôle de figurant, tandis que l’avant-scène
était occupée par le petit-fils, l’avocat
des stars et le chroniqueur judiciaire, tous trois tenants
résolus de « l’innocence » de Gaston.
Deuxième curiosité, le documentaire lui-même.
On voit beaucoup Alain Dominici faire du vélo, du jogging,
de l’escalade, suggérer à ses interlocuteurs
– son père, sa mère, quelques vieillards
qui, visiblement, n’ont plus toute leur tête –
les propos qu’il a envie d’entendre et de fixer
pour la postérité (Admirable scène entre
Alain et son père !), et citer les morts qui ne sont
plus là pour crier au mensonge et à la trahison.
Au final, une émission profondément malhonnête,
qui, une fois de plus aura manipulé le public, bafoué
la vérité, insulté la mémoire
des victimes et celle des enquêteurs.
Le lecteur curieux d’en savoir plus peut aller consulter
le site remarquablement documenté de Samuel Huet à
l’adresse suivante :
http://s.huet.free.fr/kairos/doxai/domi.htm
La
photo qu’on a « oubliée » de vous
montrer
Rien ne destinait Gabriel Domenech à
une carrière politique. Mais dans ce journaliste qui
ne devait jamais transiger avec la vérité, les
habitants des Basses-Alpes, et ceux du canton de Peyruis tout
particulièrement, avaient trouvé un porte-parole.
Du journaliste qui avait su les écouter et les comprendre,
ils feraient bientôt un Conseiller général
puis un député.
Cet homme que le général de Gaulle saluait lors
de son passage à Digne, en 1960, a gardé sa
vie durant la confiance des habitants de ce petit canton de
Haute-Provence. Celle-ci s’était forgée
dès l’après guerre quand, jeune journaliste,
il avait contribué à soulever la chape de silence
qui pesait sur « les crimes de la Libération
». Ses articles, le livre qu’il écrivit
sur « le crime de Lurs » et « l’Affaire
Dominici » lui donnèrent plus de solidité
encore. Un tel lien aurait-il pu s’établir si
Gabriel Domenech n’avait exprimé ce dont chacun
alors était convaincu ?
Observons la photo suivante : à Digne en 1960, lors
de sa visite présidentielle, le général
de Gaulleserre la main du député bas-alpin,
Gabriel Domenech.
Imagine-t-on une seconde que Domenech, étranger au
département jusqu’à l’affaire, ait
pu accéder à la députation, c’est
à dire gagner la confiance d’une majorité
d’habitants de ce département (il avait entre
autres battu le député sortant socialiste Naegelen),
si les dits habitants n’avaient complètement
partagé son analyse du triple crime de Lurs ?
Les Bas-Alpins qui ont la tête sur les épaules,
lui furent reconnaissants d’avoir ramené les
choses à leur juste proportion. Par amitié autant
que gratitude, les électeurs du canton de Peyruis l’envoyèrent
siéger au conseil général, avant que
ceux de la 2° circonscription du département ne
l’invitent à « aller à Paris »
pour les représenter à l’Assemblée
Nationale.
"Je ne sache pas, devait-il écrire en 1973, dans
"comment devenir député" (Albin Michel)
que la députation, dans la très longue, très
éclectique et très mouvementée histoire
du parlementarisme français, ait souvent conduit au
crime, mais je crois bien en revanche, être le premier
citoyen de ce pays que le crime ait conduit à la députation."
Son triple crime, Gaston Dominici l’a reconnu devant
le juge.
« Dominici, et si c’était bien lui »
édité par les Presses du Midi le rappelle à
tous ceux qui ont oublié que « l’Affaire
» a été jugée il y a plus de cinquante
ans et que parmi les jurés des Assises de Digne, il
ne s’en trouva aucun pour mettre en doute la culpabilité
de Gaston.
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« Les grands moments de la télé »,
France
3 Provence, le samedi 3 juin 2006, 90’
commentaire de Samuel Huet |
On se demande ce qui a
poussé les responsables d’une telle programmation
à sortir une nouvelle fois les vieilles lunes (en l’occurrence
un film incroyablement mensonger – rediffusé
à hautes doses depuis dix années - pleurnichant
sur l’honneur perdu des Dominici). Si seulement ç’avait
été pour les dépoussiérer : mais
non !
Ce qui frappe d’emblée, dans ce « grand
moment » ( une curieuse « table ronde »
- enregistrée dans le bibliothèque municipale
de l’Alcazar ! - servant de prétexte à
la rediffusion), c’est l’incroyable coup de vieux
pris par Alain Dominici (il est vrai qu’il n’a
plus tout à fait vingt ans). Non pas, bien sûr,
par rapport au film-reportage de 1996, produit par A.Dhenaut
et J. de Bonis (dont on lira l’examen critique - pas
assez sévère, quand je le relis aujourd’hui
- dans la même partie), qui accuse ses dix ans, mais
par rapport à sa prestation lors de l’émission
« c’est dans l’air » de juin 2003
(également répertoriée dans cette Bibliographie
critique). Ce qui n’a pas bougé chez lui, en
tout cas, c’est l’incroyable morgue, comme quand
il énonce d’emblée, vouloir faire venir
au jour « non pas la vérité de 54, mais
celle que veut connaître le peuple français »
(sic)… Un brin de modestie quand on est dans une telle
situation, ne serait pas malvenu, mais bon… On lui accordera
cependant que, ayant déclaré que « c’est
pas possible que mon grand-père soit coupable »,
il s’est tout de même livré à une
sacrée démonstration d’innocence, irréfutable…
Quant à Me Collard, toujours identique à lui-même
(« vous avez tous les culots », devait justement
lui lancer Jacques Chapus lors d’une autre table ronde
autour du film de Deniau. Et en l’écoutant parler
pour la énième fois de cette affaire, comment
ne pas songer au jugement que prononça sur lui au cours
de Charivari –une émission de Frédéric
Bonnaud, sur France Inter- le lundi 14 juin à 18h45,
Jean-Louis Comolli, l’auteur de : « Voir et pouvoir
: l’innocence perdue : cinéma, télévision,
fiction, documentaire » aux éditions Verdier
: « Me Collard, la parole dévergondée,
la parole charlatanesque » ? Lui aussi avec ses vieilles
rengaines, il nous assène d’emblée que
« l’affaire Dominici est l’archétype
de l’erreur judiciaire « (quand on se souvient
qu’il considère l’affaire Landru comme
une erreur judiciaire – cf. Les grandes erreurs judiciaires
du passé, chez Taillandier 1997 – on mesure ce
que vaut ce terme revisité par ses soins) et ajoute
qu’à travers elle, « c’est le procès
de la justice d’une époque, qui doit être
instruit ». D’ailleurs, il élargit aussitôt
la notion d’époque, puisqu’il ajoute que
« rien n’a changé depuis », et qu’il
prend appui avec gourmandise, on s’en serait douté,
sur l’affaire d’Outreau (dont on peut deviner
sans peine qu’elle va devenir la scie des avocats échec
et mat devant un dossier en béton) : cela pour clouer
au pilori la fonction de juge d’instruction (et, c’était
en filigrane, la personne du juge Roger Périès
en l’occurrence). Me Collard était flanqué
d’un jeune journaliste , Denis Trosséro, avec
lequel il a commis quelques ouvrages. Mais curieusement, lorsque
ce dernier a pris la parole, pour aller dans le même
sens que son aîné, puis évoquer à
son tour de (prétendues) erreurs judiciaires, Me Collard
n’a pas répliqué, s’agissant du
cas Ranucci : c’était pourtant son rôle
de bondir comme il sait le faire ; fatigué, alors ?
Mais non ! Car au procès Ranucci, Collard était
partie civile ; c’est assez dire qu’il a démontré
l’archi-culpabilité de l’avant-dernier
guillotiné de France… Alors il s’est tu,
lui qui n’arrête jamais de parler. Si seulement
ce minuscule incident pouvait faire comprendre aux gogos téléphages
qu’un avocat ne dit que la vérité de son
client et rien d’autre, ce ne serait déjà
pas si mal.
En revanche, on n’a pas cessé de l’entendre
énoncer avec l’aplomb qu’on sait ses incroyables
balivernes, du genre « la présomption d’innocence
a été bafouée » (dans l’affaire),
ou encore « Gaston n’a pas pu parler tout au long
du procès avec ses mots » (et après avoir
emprunté la sottise de Giono, il n’a pas raté
l’allusion à Barthes : on peut mesurer ainsi
la façon dont les révisionnistes renouvellent
la panoplie de leurs arguments). Il a même ajouté
: « tout le procès Dominici repose sur la garde
à vue qui, à l’époque, était
d’une durée illimitée ». Pour faire
avaler aux téléspectateurs non-avertis (la plupart
sans doute) que les Dominici père et fils ont été
victimes d’un acharnement inhumain, il n’y a certes
pas de meilleure méthode. Il aurait évidemment
été oiseux de donner les durées exactes
d’ interrogatoire, et de préciser qu’un
quidam, au moins, étranger à l’affaire
qui plus est, a été traité avec beaucoup
moins d’égards que le vieil assassin. Car pourquoi
s’arrêter à de pareils détails ?
Collard a tout de même reconnu qu’il n’a
pas (encore) réussi à faire réviser la
sentence de 1954 (plus exactement, ses nombreux prédécesseurs
et lui) ; mais toutes les raisons qu’il donne de cet
échec sont rideaux de fumée pour naïfs
: la seule, la vraie explication, c’est tout bonnement
l’écrasant faisceau de preuves de culpabilité.
Ce qui a du échapper au cher Maître.
Lorsque, ensuite, l’animatrice annonce qu’on va
voir le commissaire Sébeille (courte séquence
tirée d’une interview faite en mai 1972), alors
on entend des ricanements sur le plateau. Ce qui rend d’autant
plus odieuse l’accusation de Collard, prétendant
aussitôt après que Sébeille ricanait en
rappelant la sentence. Continuant à attaquer, notre
avocat en vint à stigmatiser « la manière
scandaleuse dont les aveux de Gustave ont été
recueillis »… Ces ricanements ont d’ailleurs
connu peu après une reprise, lorsqu’un second
document (récent celui-là) nous fut présenté
: quatre précieuses minutes –tirées d’un
enregistrement de trois heures- durant lesquelles on put entendre
le frère cadet de Gabriel Domenech, expliquer pourquoi
il a tenu à rééditer l’ouvrage
de l’ancien député des Basses-Alpes, rappeler
qu’il a assisté à la reconstitution et
ce qu’il y a entendu, enfin énoncer quelques
tranquilles vérités du type « on vend,
on fait du fric en disant des mensonges » (il aurait
pu ajouter et en crachant ignominieusement sur des morts).
Le ricanement, on le saisit alors, grâce à une
incrustation sur le visage du petit-fils du patriarche. C’est
tout ce qu’ils savent faire face à de vrais arguments,
ricaner. Et je n’ai pu m’empêcher alors
de songer à un autre ricanement, rapporté en
son temps par un journaliste (un vrai) du Dauphiné
Libéré : tandis que le 26 novembre 1954, le
procureur Sabatier prononçait son implacable réquisitoire,
« au fond de la salle, on regardait des Dominici ricaner
en silence. Et Yvette, ostensiblement, lisait un roman : L’amour
vaincra ». Tirons le rideau.
Mais auparavant, notons que le commentaire définitif
de cette minuscule et bienvenue séquence a été
prononcée par le petit-fils : « il y a des gens
qui ont vu la même chose que lui (Pierre Domenech),
et qui n’ont pas dit la même chose que lui ».
mais malheureusement , Alain a oublié de nous citer
ces « gens »-là, et de nous dire ce qu’ils
avaient rapporté. Alors aidons un peu sa mémoire
apparemment défaillante. « Au soir de cette reconstitution,
a écrit l’un de ces « gent », aucun
des cent journalistes présents n’a eu l’audace
d’émettre le moindre doute sur la culpabilité
de Gaston » (René Pacaut . Quinze mois d’enquête
à Lurs). Évidemment, tout cela est si vieux,
n’est-ce pas ?
En tout état de cause, « l’honneur, c’est
comme les allumettes, ça ne sert qu’une fois
». Et le clan Dominici, depuis un demi-siècle,
a tout de même craqué de nombreuses allumettes,
pour ne pas dire des boîtes entières.
Ça devrait faire réfléchir « le
peuple français »…
Samuel Huet
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| Ce
qu'on a dit de ce livre |
"Ce document est le plus complet
qui ait paru sur l'affaire"
Marcel MONTARON

"En 1956 cette enquête de
Gabriel Domenech et de son frère Pierre fut considérée
comme le plus complet écrit sur l'affaire Dominici. C'est
la diffusion en Octobre 2003 du feuilleton de TF1 qui pour Pierre
Domenech, seul survivant des deux frères, a fait déborder
le vase. En Mémoire de Gabriel, il vient de rééditer
sous le titre "ET SI C'ETAIT BIEN LUI" ce livre qui n'a
rien perdu de sa force de conviction."
Jean CONTRICCI, "La Provence"

"Un an après le scandaleux téléfilm
de TF1 consacré à l'affaire Dominici, cet ouvrage
rappelle la vérité sur ce dossier."
José D'ARRIGO, "Le Dauphiné Libéré"

"Ces productions historico-fantaisistes ont
pour effet de remettre en cause l'impartialité de la justice,
systématiquement présenté comme injuste, autiste.
De tels dégâts seraient acceptables si les contre-enquêtes
avaient été menées dans le but sincère
de rétablir la vérité. Là en l'occurrence
il s'agit plutôt de surfer sur l'un des piliers de l'État
républicain et d'en faire commerce"
Daniel BERNARD, "Marianne"

"Tout au long des 600 pages de ce livre, L'enquête
est reconstituée dans le moindre détail. Tout y est,
les témoignages, les mobiles."
Pierre TANGER, Écrivain

"Cet ouvrage se lit comme un roman. Un témoignage
irremplaçable pour respirer l'air de l'affaire"
André Denis MOUSSET, "La Provence DIGNE"

"A nouveau tout est faux? Tout est truqué.
William Reymond , seul connaît le nom des coupables. Et ça
marche. Les chaînes de télé surfent sur la vague
: Canal plus pour JFK, TF1 avec un Michel Serrault cabotin en diable
défendant la thèse de l'innocence de Gaston Dominici...
Le public en redemande... avec Gabriel Domenech, l'étude
du complot redevient objective. Il est allé sur place. Il
a interrogé des témoins, il a recueilli des documents,
bref : il a enquêté, labouré le terrain des
faits et non seulement celui des idées.
Comme Gabriel Domenech, il importe aussi et surtout de ne pas avoir
peur de regarder la vérité en face, aussi terrible
soit-elle avec le risque qu'elle soit une effroyable ...banalité"
Éric Paul BLANRUE, Historien-Écrivain.

"Un des livres qu'il est nécessaire
de lire si l'on veut comprendre et s'affanchir du malaise créé
à la fois par le festival du mensonge que fut le procès
et par les rocambolesques élucubrations des responsables
de la contre-enquête qui suivit."
Charles GRENIER, "Le progrès de Lyon"

"L'oeuvre de Gabriel Domenech déborde
du cadre purement journalistique par son ampleur même. La
profusion de détails ne dissimule jamais de la vue d'ensemble
que l'on peut avoir sur le problème. C'etait assurément
ce travail qu'il fallait appeler la super enquête de Lurs"
J.-P. OLLIVIER, "Nice Matin"

"Le Livre de Gabriel Domench ne veux pas être
un réquisitoire. Mais il sait -quand il le faut- mettre sans
ménagement, les points sur les i".
Jean ESPINOUZE, "Le Provençal"

"La conviction de Gabriel Domenech et les résultats
de son enquête apportent à l'édifice dressé
par la justice une pierre de plus, une pierre solide comme les rochers
de ces collines bas-alpines qui virent naître le monstre de
Lurs" et mourir trois touristes que leur destin amena par une
chaude nuit d'août sur les bords de la Durance."
Robert FOGLIANI, "République"

"Pour ma part, j'ai pris un réel plaisir
à la lecture de cette étude remarquablement faite.
Pour le lecteur ignorant de l'affaire, elle apporte tous les éléments
d'appréciation. Pour les observateurs déjà
avertis, elle dévoile des données précieuses
permettant de situer le drame dans un cadre particulier qui l'éclaire
d'un jour nouveau. De toute manière, c'est un travail honnête,
un témoignage vrai parce que sans haine et sans crainte.
Bravo !"
René MAURIES, "La dépêche
de Toulouse"

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