Juin 2006    



 

 

 

 

 







Jean BRACCO
   
Instituteur, puis directeur d’école, aujourd’hui à la retraite, Jean Bracco a toujours été poète. Son premier recueil "A la recherche de la vérité" a reçu le grand prix des poètes et artistes de France. Son ouvrage "des pièces d’or et de la monnaie" fait penser aux caractères de Bruyère, oui, mais en vers classique. Nouvelliste et conteur, il a également publié trois romans d’une grande sensibilité poétique : "Les sentiers de la vie", "Si la Provence m’était contée" et "au temps des instits".


 

 
Comme l'eau du ruisseau
 
Poésie

Regagnant la terre ferme par petites étapes, abandonnant à regret son plumier d’écolier et sa boîte de soldats de plomb, Jean Bracco nous entraîne dans les bras toujours accueillant de Dame Nature. Il ne nous marchande pas la splendeur des quatre saisons, s’attendrit sur une rose fanée, le tronc du cerisier mort qui finira, je suppose, bûche de Noël, la goutte de rosée qui déploie mille ruses pour ne pas glisser de la feuille dans le néant.

  9,50€    ISBN 2-87867-722-6


       extraits du livre Comme l'eau du ruisseau

Comme l’eau du ruisseau


L’eau du petit ruisseau l’emporte dans son rêve,
Et murmure son chant, comme pour l’appeler.
Il se sent attiré par ce flot qui sans trêve
Coule et coule toujours, pour se renouveler.

Il arrête soudain sa marche solitaire,
Tandis qu’il suit des yeux l’éternel mouvement.
Il ne fredonne plus, choisissant de se taire,
Pour regarder pensif, très calme, étrangement.

Une image retient son âme fascinée.
Son esprit délaissant le présent, l’avenir,
La voit dans ce miroir, troublante, hallucinée.
De son passé revient un lointain souvenir.

Il retrouve l’allure et la face un peu ronde,
Les gestes maladroits d’un tout jeune garçon
Qu’il reconnaît, ému, dans le sein de cette onde.
Il riait aux éclats ou pleurait sans façon.

Le fugace mirage a disparu, fragile.
L’homme se ressaisit, il ne fait que passer.
Il s’éloigne à pas lents, vers son destin tranquille,
Comme l’eau du ruisseau qui va sans se lasser.


 
On le raconte au village
 
Roman

Dans cet ouvrage l'auteur nous fait découvrir l'ambiance d'un village provençal où l'on apprend à "écouter battre le cœur des autres." Il nous conte tour à tour la force d'une amitié puis le désir d'être premier de la classe à l'école communale. Entraînant par la suite le lecteur dans la colline où habite un jeune garçon attachant avant de terminer par la traditionnelle partie de pétanque disputée devant une galerie aussi attentive que pittoresque , au cours d'un inoubliable 14 Juillet.


  11,40€    ISBN 2-87867-558-4

  extraits du livre On le raconte au village

La grande brouille


Tout semblait paisible, en ces années 70, sur le piton où se dressait tout pimpant le charmant village, face au très touristique Castellet situé sur la colline voisine.
Avec ses toits rouges, ses façades avenantes, son fier clocher, l’ensemble souvent inondé de soleil était aguichant aux yeux de ceux qui le découvraient, en arrivant par la route du Beausset ou celle de Saint-Cyr. Seuls, ses habitants auraient pu évoquer l’étrange mur de silence qui s’était érigé entre Lucien Bérenguier et Gaston Spinacci.
Il s’agissait là d’une situation “interne”. Elle ne pouvait intéresser ou émouvoir, au-delà des deux protagonistes, que les gens dont les vies étaient si proches en cet espace somme toute restreint. Tous se connaissaient parfaitement. Chacun apprenait à écouter battre le cœur des autres sans trouver cela indécent. On se sentait encore en famille, en quelque sorte, en ce temps-là. Comment ces deux hommes en étaient-ils arrivés à cette rupture totalement imprévisible ? Ils se connaissaient depuis toujours, comme on dit ici. Ils avaient fréquenté les bancs de l’école communale ensemble, du CP à la classe de Fin d’Études. Ils avaient été reçus au Certificat d’Études primaires tous deux, à l’âge de 14 ans, la même année, selon les lois scolaires de l’époque.
L’un était entré en apprentissage chez Tonello, garagiste au village. L’autre avait été, dès sa sortie de l’école, employé comme ouvrier agricole chez les Gensole, exploitant un domaine vinicole assez important et un beau verger.
Les années avaient passé. Lucien avait repris le petit garage de Tonello, avec l’aide de ses parents et en souscrivant un prêt. Il s’était marié avec une fille du Beausset : Lucette Guérini. Le couple s’était séparé au bout de trois ans, sans avoir eu d’enfants. Ni lui, ni sa femme, ne donnèrent jamais une raison crédible pour ce divorce mettant fin à une union brève. Les mauvaises langues ne manquèrent pas de commenter l’événement, en avançant diverses
hypothèses, plus ou moins fantaisistes. Comme la Lucette s’était remariée assez rapidement, on laissa entendre que ce “pauvre Lucien” n’avait pas épousé un prix de fidélité. Tout se tassa sans que le “pauvre mari” eût à souffrir de ces réflexions. Il ne se remaria pas.
Son copain de classe, et même de maquis durant la période de la deuxième guerre mondiale, était resté célibataire. Leurs relations amicales n’avaient nullement été altérées par cet épisode malheureux. Le cultivateur ne s’était guère fait remarquer par ses frasques par ici. De temps à autre, en compagnie de Lucien, il partait en virée en fin de semaine. Nos deux amis donnaient alors l’occasion aux éternels commentateurs d’émettre des pronostics, plus ou moins osés ou
grivois, sur le but de ces sorties. Les intéressés se montraient discrets à ce sujet. Les années passaient. Leur vieux couple d’amitié durait toujours.
Gaston, grand, les cheveux grisonnants, les traits burinés par les fatigues des travaux de la terre et le soleil, souvent en salopette bleue, donnait cette impression des gens madrés de la campagne, quand il souriait en fixant ses interlocuteurs de ses yeux clairs donnant sur le gris. Il avait l’art de sous-entendre quelque chose qui échappait à l’autre. Fernand Andrieu, parlant
de lui, ne manquait pas de dire :
- Il me donne l’impression de se payer ma tête. Je ne sais pas ce qu’il pense vraiment.
Ces non-dits faisaient que sur beaucoup de sujets, chacun ayant toujours un secret à taire doutait quant à l’efficacité d’avoir su le garder. Le braconnier Henri Camocchi, pourtant expert dans l’art du camouflage pour dissimuler ses pièges, se demandait parfois s’il allait récupérer ses proies, en les relevant.
Gaston, quittant le bar Central, annonçait certains jours à la cantonade, en lui lançant un coup appuyé sur le côté
- Ce soir, je pense me régaler avec un civet de garenne.
La réflexion était surtout faite pour indiquer que, comme tous les autres, il était au courant des activités illicites d’Henri. Avec une malice certaine, il se plaisait à rendre l’autre méfiant vis-à-vis de lui. Il aimait semer le doute :
- Attention ! Je sais plus que tu ne crois ... signifiaient ses mots et sa mimique.
Comme il travaillait dans la plaine, il lui arrivait souvent de remonter par la colline, la journée terminée. On le disait curieux. Il pouvait en avoir surpris quelques-uns en situation délicate, où illégale. Il ne faisait pas bon se laisser aller à “carégna”* dans ces lieux où la nature offrait, à première vue, un abri sûr par ses écrans de verdure et son silence. Les fautifs en particulier, finissaient par craindre d’avoir été observés par l’intrus. Ils redoutaient une réflexion anodine en apparence, pouvant donner naissance à interrogations ou soupçons. Gaston, en vérité, adorait cultiver le secret du suspense, pour se donner de l’importance. Il ne savait guère plus de choses que les autres, en dehors de la rumeur connue. Il mettait certains individus, antipathiques pour lui, dans l’embarras. Cela l’amusait avant tout.
Le blond Lucien avait perdu, au fil des ans, beaucoup de ses cheveux, dont il était si fier durant sa jeunesse. De taille très moyenne, d’aspect plutôt frêle, il n’en débordait pas moins d’énergie. Il lui restait un semblant de houppe sur le haut d’un crâne dégarni, ceint d’une couronne blonde. Son teint clair craignait le soleil. Il portait souvent une casquette, par coquetterie. Il se démenait dans son petit garage, avec, en de rares périodes, l’aide d’un apprenti. Il s’occupait, avec un soin jaloux, des véhicules tous tonnages, confiés par les gens du pays. Ceux-ci le qualifiaient de bon ouvrier. Le mécano ne roulait pas sur l’or, pour sûr. Ses bleus de travail, ses mains, son visage parfois, en fin de journée, portaient les marques du cambouis auquel il était confronté, comme tous ceux de sa corporation. Heureusement, il confiait son linge à Madame Blanchard, une brave femme. Elle le lui rendait lavé et repassé. Il pestait contre les taxes, les impôts, menaçait sans cesse de tirer sa
révérence quand les difficultés l’agressaient. Néanmoins, vaille que vaille, il maintenait le cap. Son visage, aux yeux bleus perçants, retrouvait le sourire quand le rideau tiré, les véhicules garés, débarbouillé et changé, vers dix-huit heures, il se retrouvait avec son ami Gaston au bar Central. Ils s’isolaient un peu. Une table leur était pratiquement réservée, au fond de la salle. Ils parlaient surtout après avoir évoqué leur journée, des épisodes de leur vie. Leur jeunesse y était en bonne place. Leur âge ne leur permettait plus déjà, à cette époque, d’envisager des escapades comme ils les entreprenaient voilà quelques années encore. Ils approchaient la soixantaine et se contentaient, à présent, de vivre presque essentiellement au village. Ils n’en sortaient que rarement, par obligation, pour faire des courses quand ils ne trouvaient pas ce qu’ils désiraient sur place. De temps à autre, Gaston prétendait rendre visite à un cousin à Toulon. Pour l’occasion, un effort vestimentaire concernant l’élégance de sa mise ne manquait pas d’éveiller l’attention de ses connaissances. Costume cravate et souliers de ville, le “déguisaient” en étranger. En ricanant, ses détracteurs laissaient entendre que ce cousin portait sans doute une robe. On était plus bienveillant avec Lucien qui évoquait le travail, l’achat de pièces pour moteur. Léon Martin ne lui
demandait pas, comme à Gaston, de donner bien le bonjour au “cousin”, un rien goguenard. Le plaisantin n’obtenait en réponse qu’un haussement d’épaules. Lucien était connu comme ayant des idées de gauche, partisan des syndicats, même s’il n’était pas adhérent à l’un d’eux. Les propos généreux qu’il tenait lui
donnaient l’impression d’espérer améliorer sa modeste condition, dans un futur qu’il ne connaîtrait jamais. Il le savait au fond de lui. Son discours n’émouvait ni Gaston, ni son auditoire. Sa colère, ou plutôt sa révolte évacuée, il redevenait un homme sociable, assez généreux pour payer un verre à une connaissance.
Tout alla bien, jusqu’à ce soir de décembre noir et froid où, comme d’habitude, nos amis se retrouvèrent après leur travail, au bar Central. La rue principale était déserte. Seules, de rares silhouettes grises, furtives, l’animaient durant de brefs instants, pour disparaître rapidement dans l’abri chauffé des maisons

....


 

 
 L'enfance buissonnière
 
Roman

L’école buissonnière est une réponse aux contraintes scolaires. Il est en effet un moment où il vaut mieux aller se promener que d’aller en classe. Le poète a aussi ses chemins de traverse. La force de sa mémoire, la douceur de ses souvenirs le guident vers son enfance. Alors notre poète, « partant sur son rayon de lune », parcourt la route de son passé pour un univers magique de musique, de chants et de récits des plus belles histoires.

  11,40€    ISBN 2-87867-438-3



 
Au temps des « Instits » - L’école
 
Roman

Pour lui l’instit de son époque, pas si lointaine, a eu un rôle difficile. On peut le comparer à un chef d’orchestre qui, chaque jour de classe, devait veiller à ce que la partition soit correctement jouée par des instrumentistes par forcément attentifs et parfois frondeurs. Même si les techniques ont évolué, la tâche de l’enseignant demeure, à ses yeux, primordiale pour ses élèves et leurs familles.

  13,03€    ISBN 2-87867-328-X



 
 Des pièces d'or et de la monnaie
 
Poésie

Le vers classique d’aujourd’hui ?
Pourquoi pas, surtout pour traduire une réalité intemporelle : la nature humaine. L’ingrat, l’avare, le prétentieux, le fourbe, mais aussi l’indécis, l’homme pressé ou le rêveur sont de toutes les époques. Clin d’oeil à La Bruyère, les caractères sont les mêmes au-delà de l’habillage culturel.
Il y a toujours « des pièces d’or et de la monnaie ».

  8,68€     ISBN 2-87867-299-2


 
 Les Sentiers de la vie - La Communale des années 60
  Roman

Au début des années 60, Féli, Lilou, Bécassin mais aussi « La Broque » ou le « Caracou » fréquentent (côté garçons, époque oblige !) les bancs de la « Communale » dans un village du Var qui ressemble à s’y méprendre à la Cadière d’Azur. En classe ou dans la cour de « récré », mais aussi en battant la campagne, ces « citoyens en herbe » bâtissent un monde qui n’appartient qu’à eux, avec ses règlements et son code d’honneur, pas toujours respecté d’ailleurs !

  11,58€    ISBN 2-87867-256-9



       Fevrier 2007 : De Granville Daniel

       Janvier 2007 : Courouble Pierre Antoine

       Décembre 2006 : Cointat Alain

       Novembre 2006 : Fernande Ammouial

       Octobre 2006 : Simonne Peyre

       Septembre 2006 : Sébastien Conterio

       Aout 2006 : Christine Manavella

       Juillet 2006 :
Guy Joubert

       Juin 2006 :
Jean Bracco

       Mai 2006 : Borelli-Jacquet

       Avril 2006 : Bernard Soulhol

       Mars 2006 : Robert Blanchard

       Février 2006 : Michèle Zanchetta

       Janvier 2006 : Micheline Blanc Tillier

       Décembre 2005 : Bernard Baille